Nombreuses mises à jour apportées à cet article depuis le 17 novembre 2011.

Carnet rose sur mon blog, ce 17 novembre : un petit Fujifilm est arrivé, qui se prénomme X10. Le dernier né des compacts experts surclasse ses principaux concurrents, pour le moment. Le X10 est le petit frère du X100, qui a obtenu un succès commercial considérable au début de l'année, malgré un tarif tonitruant (toutes les marques veulent maintenant avoir leurs X, on s'y perd). Le principe est le même : au-delà des qualités techniques, une physionomie rétro destinée à chatouiller la prestigieuse gamme des Leica.

IMG_8493_Raw

La prise en mains de l'objet a nécessité un bon moment (mais je suis particulièrement  empoté). Je ne vais pas redire ici ce qui a été abondamment décrit ailleurs, sur les caractéristiques, qualités et défauts de l'appareil. Quelques liens suffiront, en bas d'article. Je me contenterai de détailler les petits soucis et bonnes surprises de cet accouchement.

Première impression : du lourd, solide et précis.

Ceux qui préfèrent la dragonne à la courroie tour-de-nuque, feront mieux d'y renoncer : le X10 est lourd. Compact, peut-être, mais "bijou", sûrement pas. Tout est verre et métal. Haut et bas en magnésium de fonderie.

C'est donc du robuste, néanmoins très maniable. On sent que chaque pièce mobile est prévue pour durer des lustres. Il n'y a aucun jeu,x10_couronnes rien d'approximatif ou de mou. Pas de ces économies à deux balles qu'on rencontre sur trop d'appareils, même haut de gamme (sauf une, de plus en plus fréquente : la longueur ridicule du câble USB). L'usinage est une perfection, les molettes tournent bien et résistent juste ce qu'il faut aux crans. Le bouchon d'objectif, par exemple, est un plaisir à placer et enlever, il vient coiffer la couronne des focales, ajusté au micron près. On le perdra, certes, c'est fatal, mais il ne tombera pas tout seul. L'idéal serait de se passer de ce bouchon, en plaçant d'emblée un filtre de protection, neutre ou UV (quoique certains jugent que c'est une cause de flare). La lentille frontale, en effet, est très exposée. Mais ce n'est pas si simple (voir encadré en fin d'article).

La taille va de pair avec le poids. Le X10 n'est pas à proprement parler un compact de poche. Ou alors, de grande poche, du fait de son objectif qui reste proéminent au repos. Mais il sait se faire discret et tient convenablement son rôle de complément quotidien à un reflex. Plus, en tout cas, que ces nouveaux hybrides, Nex surtout, qui ressemblent à des monstres des abysses.

Deuxième impression : un foisonnement d'options.

Complexe au premier abord. C'est un appareil expert et non un jouet pour photos de sports d'hiver. Bien sûr, on peut se contenter de l'automatisme intégral, présenté comme suffisant dans la majorité des situations. Mais ce n'est pas pour son automatisme qu'on a acheté un X10.

Le petit bouquin, complet et bien illustré, n'étant pas un modèle de limpidité cartésienne dans sa rédaction, l'apprentissage peut être laborieux, d'autant que certains jugent les menus touffus. Si on découvre complètement le système Finepix, il faut prévoir un certain temps d'acclimatation, selon le niveau de QI.

Côté simplicité, on apprécie le paramétrage possible de la touche Fn, mais aussi, depuis la mise à jour du firmware 1.03, celui de la touche RAW (quant à la molette des fonctions, elle propose deux options, C1 et C2, entièrement paramétrables). La molette de correction de luminosité, qui tombe bien sous le pouce, permet des ajustements précis et faciles.

Troisième impression : une batterie de secours sera utile.

41D3mnsfpALHeureusement, j'avais eu la bonne idée de mettre la batterie en charge dès le déballage, car elle est fournie complètement vide. L'opération, jusqu'à extinction de la led jaune du chargeur, est annoncée pour 150 minutes. Elle en a pris 130, mais c'est long. Cette batterie, de capacité moyenne (1 000 mAh), est juste suffisante, surtout si on sollicite le flash. Elle est annoncée pour une autonomie de 270 photos, ce qui n'est pas énorme. Il vaut mieux choisir l'option "économie d'énergie", limitant la luminosité de l'écran LCD, et éviter celles de la mise au point permanente et de l'allumage rapide. Cette dernière option est très gourmande, et elle consomme même si le contact est coupé, ce qui peut réserver des surprises. L'achat d'une batterie de secours paraît donc indispensable, et plus urgent que celui d'une sacoche à plus de 80 €.

Quatrième impression : une très belle qualité d'image.

Le piqué est tel qu'on l'attendait. Certes, à première vue, ce n'est pas celui d'un LeicVitrines_aux_Champs_Elys_es_004_Copiea avec objectif Summicron. Mais c'est très supérieur à la moyenne. Les couleurs sont belles, le bruit est supportable jusqu'à 1 600 ISO au moins, et l'ouverture de 2.0 au grand angle facilite le travail en conditions difficiles. Je n'ai, pour le moment, détecté ni vignettage ni aberrations chromatiques sur toutes les focales. Pas davantage de flare, ce chapelet de halos de lumière survenant en contre-jour, ce qui révèle un traitement antireflet d'une rare qualité. Les deux options de macro permettent de s'approcher du sujet à un centimètre. Le zoom a une amplitude modérée, mais cela garantit plutôt sa qualité, les larges amplitudes imposant de gros compromis... Le grand angle d'équivalent 28 mm s'avère bien suffisant, compte tenu des distorsions qui apparaissent déjà à cette focale.

Traitement du Raw : les logiciels compatibles et celui de Fuji.

Le X10 est pourvu d'un Raw à extension .raf. Les grands logiciels de développement ont fait attendre plusieurs semaines leur compatibilité avec ce format. La version 3.6 de Lightroom prend en compte les .raf du X10, de même que Capture One, mais pas Photoshop Elements 9. Il faut passer à la version 10 de PSE pour profiter d'une mise à jour du module Camera Raw (version 6.6, à télécharger via l'onglet "aide"), qui accepte ces fichiers.

Quant à DxO, il reste le dernier absent de la liste des logiciels compatibles. Du moins pour Windows, car Aperture, pour Mac, ne s'est pas non plus mis à la page.

Par ailleurs, on peut recourir à deux logiciels gratuits (ou version shareware) qui permettent d'intervenir sur les fichiers .raf : FastStone Image Viewer (à éviter cependant car il ne traite que deux des trois couleurs RVB) et Raw Therapee (divers standards, dont Linux). Merci à Pueyo de me les avoir signalés.

De toute façon, un logiciel dédié est fourni par Fuji, appelé sobrement Raw File Converter. On l'installe depuis le DVD (en cliquant sur l'exécutable d'installation dans son répertoire, car la procédure par setup le snobe). Il n'est pas mauvais, loin de là, il est même plus complet que Camera Raw, qui renvoie la plupart des réglages au traitement sur Jpeg de Photoshop Elements. Mais je suis habitué à mieux (DxO est imbattable dans le traitement du bruit). Il fait sensiblement la même chose que le logiciel intégré de l'appareil lorsqu'il produit un Jpeg, à cette différence près qu'il nous permet d'opérer les ajustements nous-mêmes, avec un certain luxe de précision. Il offre aussi quelques corrections d'aberrations optiques et chromatiques. En fait, il ne faut pas se bloquer sur la première déconvenue d'un système captif : ce logiciel gagne à être connu et découvert. Je recommande le dossier d'aide html, véritable mode d'emploi, complet et détaillé, sans lequel on risque de passer à côté de bon nombre de possibilités.

Netteté : un détail remarquable est à signaler. On sait que l'accentuation est un processus complexe, qui doit être engagé en fin de traitement, et conclu par une accentuation de sortie. Ni DxO, ni Photoshop Elements ni Aperture ne proposent cette option finale. Eh bien, le petit logiciel de Fuji en est doté ! La manœuvre se manifeste au moment de la sauvegarde en Jpeg du fichier Raw traité.

Enfin, pour les amateurs du genre, l'impression directe est possible depuis le fichier Raw, ce qui n'est pas non plus une généralité.

Raw_converterRaw File Converter, le logiciel de dématriçage fourni. Efficace, mais un peu maigre quand même...

Conclusion.

   Tous paramètres pris en compte, le X10 est le meilleur compact expert du moment. Malgré la complexité des menus à première vue, on se rend vite compte que les principales options sont faciles d'accès. Le X10 est d'un emploi simple, sous réserve d'un minimum d'habitude, ce qui est l'une des premières qualités attendues de ce genre d'appareil passe-partout. En de nombreuses circonstances où on préfère ne pas se trop se charger, on apprécie de pouvoir emporter un appareil relativement léger, dont les performances s'approchent de celles d'un reflex. Certes, il ne pourra le remplacer en tout ! En plus, il est beau, le X10, ce qui ne gâte rien. Si vous êtes tenté, je prends le risque de le dire, après une utilisation très intensive, depuis le 17 novembre 2011 : n'hésitez pas..

Premières photos, prises les vendredi 18 et samedi 19 novembre 2011 à Paris
(meilleure définition accessible par clic vers flickr).

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Place Clichy à Paris.
Ma photo vedette sur Flickr, vue plus de 1 300 fois.

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UFA (6)

Au début de la série, on aura reconnu Montmartre, la place du Tertre,
le campanile du Sacré-Cœur.
Les quatre dernières photos ont été prises dans la réserve
du Conservatoire national des Arts et Métiers, à Saint-Denis.
L'ensemble des photos prises depuis le 18 novembre 2011
est consultable ICI dans mon chapitre "Paris"
et LA dans mon chapitre "Oléron".



Prix en chute sur les sites proposant le X10

Depuis un an, les décotes successives ont porté le tarif de 530 € à moins de 400 €. Les principaux sites de confiance sont Amazon Digixo, Digit Photo, Darty, la Fnac, Materiel.net

On trouve aussi l'appareil en stock chez certains discounteurs, à des prix encore plus séduisants. Mais, quitte à passer par le web, pourquoi ne pas s'adresser aux quelques fournisseurs de renom, à la réputation à peu près irréprochable et au SAV rassurant, qui font assaut de décotes concurrentielles ?



Problème des "soucoupes surexposées" :
avantages du nouveau capteur


Un nouveau capteur, qui devait résoudre notamment le problème des "soucoupes surexposées", est opérationnel depuis le mois de mai 2012. Rappelons de quoi il s'agit, au départ de l'affaire : une bizarrerie sur certaines photos a été très discutée sur les forums. Il s'agit de points de forte luminosité, reflets de soleil ou pièces d'éclairage, qui se transforment en soucoupes de taille variable selon l'importance du point chaud. Ce phénomène est appelé sensor blooming par les Américains, mais il est très marginal. J'en donne un exemple ici, sur un extrait fortement agrandi d'une photo de la gare Saint-Lazare au crépuscule. Le phénomène est visible sur le feu rouge, à gauche, les trois réverbères, en haut, le phare de la moto, à droite, et un reflet sur la vitre de la voiture. En taille normale, il se remarque à peine.

Soucoupes_surexpos_es

Fuji a rapidement fait savoir qu'il se préoccupait du problème. Un mois et demi plus tard, c'était fait : un correctif est arrivé, avec une version 1.03 du firmware, et il est relativement efficace. Le changement, en valait-il la peine ? Il est certain que les utilisateurs exigeants attendaient cette nouveauté avec impatience et que les préventions contre le X10 pour cette seule raison devraient tomber. Mais, à moins de ne photographier que des réverbères et des reflets de soleil sur les carrosseries (et encore), il n'y a pas de quoi se mettre martel en tête.

Une version 1.03 du firmware a réduit le phénomène de manière presque satisfaisante (et apporte de nouvelles fonctions, comme la possibilité de reparamétrer le bouton Raw, comme le bouton Fn). Une version 2.0, sortie début octobre 2012, apporte de nouvelles fonctionnalités, dont une intéressante série de filtres. Téléchargeable ici. Pour voir quelle est la version de firmware installée, on procède de la façon suivante : pression d'abord sur la touche DISP BACK, puis mise sous tension simultanée de l'appareil, et la version s'affiche sur l'écran LCD. Se retirer prudemment par DISP BACK et éteindre l'appareil.

La mise à jour proprement dite nécessite des précautions, notamment une batterie bien chargée. Une opération avortée conduirait directement au SAV. Il suffit donc de télécharger le fichier sur l'ordinateur, de le transférer à la racine de la carte SD. Puis de replacer la SD dans le X10. Cette fois, au lieu de faire machine arrière après l'entrée par DISP BACK : appuyer sur OK. Prier pour que tout se passe bien pendant 90 secondes. Une crémaillère signale la progression de l'opération. Voilà, le firmware est à jour et l'appareil prêt à fonctionner selon ces nouvelles données. Noter que la procédure remet les réglages à zéro (notamment celui des date et heure).

Le nouveau capteur semble avoir complètement maîtrisé l'effet de blooming :

FujiX10-OLD
Avec l'ancien capteur...

FujiX10-NEW
Avec le nouveau.

 



Poussière dans l'objectif
et mauvaise expérience de SAV

 
Il y a eu peu d'exemples de retour systématique du X10 en SAV (hormis le cas particulier du changement de capteur). Mais, comme c'est souvent le cas, avec les matériels photographiques ou autres, mieux vaut ne pas tomber d'emblée sur un mauvais numéro... Le traitement assuré par la marque et/ou le revendeur peut tenir du parcours d'obstacles, ce qui constitue un scandale auquel on ne s'habitue pas.

Hormis le défaut très relatif des soucoupes (voir ci-dessus) qui a conduit à un changement de capteur, on ne constate qu'un seul problème, pour le moment : l'introduction de poussière dans l'objectif. Celui-ci étant inamovible, son nettoyage n'est pas à la portée de l'utilisateur. Fujifilm pourrait objecter que ses objectifs ne sont pas présentés comme étanches à la poussière et que leurs utilisateurs n'ont qu'à éviter leur emploi en milieu défavorable... Mais la marque semble reconnaître honnêtement qu'il y a une anomalie, même si elle paraît limitée. Il se peut, d'ailleurs, que la poussière ait été introduite lors du montage, les chaînes de production ayant subi les ennuis qu'on connaît. C'est le traitement de cette anomalie par le SAV et les services commerciaux qui peut laisser à désirer, et ce n'est pas spécifique à Fuji.

Notre ami ReflexNumerick, par exemple, vient de connaître une mauvaise expérience, qu'il décrit sur son blog. Rappelons qu'il s'agit d'un professionnel, qui sait se servir de son matériel avec les précautions d'usage et qui, au surplus, ne peut pas se permettre d'en être privé un mois entier. Sa relation des faits, qui partage les responsabilités entre Fuji et le revendeur Phox, est marquée par la prudence et l'objectivité. Elle n'en a que plus de force. Il fut un temps où les importateurs et les SAV choyaient au moins les professionnels (en leur concédant même le prix de gros !). Ce sont eux qui assurent la réputation d'un matériel, et cela incitait les commerciaux à leur dérouler le tapis rouge en toute circonstance. Mais ces temps d'efficacité semblent bien révolus. Comme si, en période de crise économique, on pouvait se permettre davantage de je-m'enfoutisme que sous les "Trente Glorieuses"...

ReflexNumerick avait précédemment détaillé son premier mois d'utilisation du X10, et l'expérience était très positive. On trouvera ici son intéressant article sur le sujet.

 


 
Bague de pare-soleil indispensable...
comme porte-filtre


Le X10 est pourvu d'un pare-soleil plutôt spécial. Il ne se fixe pas directementfile_90_4 à l'objectif mais par l'intermédiaire d'une bague d'adaptation maison. Le tube d'objectif n'est Pare_soleil_bague_X10entaillé d'aucune encoche où emboîter le pare-soleil en baïonnette, comme sur les reflex. Il comporte un pas de vis au diamètre de 39,7 mm. En principe, ce format ne correspond à aucun diamètre de filtre. Des utilisateurs prétendent avoir posé "sans problème" un UV de 40,5 mm, comme on en trouve très facilement sur les sites spécialisés. Expérience faite, je démens cette affirmation : ça ne rentre pas, sauf à forcer sur le premier niveau de filetage, ce qui est à déconseiller.
Par contre, plusieurs témoignages accréditent l'idée qu'un filtre de 40 mm reste exploitable, à condition d'en trouver.
Je viens de faire l'expérience, avec un filtre Marumi, commandé aux Etats-Unis à 26,62 $ (le délai est d'une semaine, mais attention : le tarif d'expédition pour la France, de 15 $, n'est pas indiqué, ce qui nécessite un échange de mails avec le vendeur... après la commande). Je dois dire que c'est la meilleure solution ! Ce modèle se visse et dévisse parfaitement, sans effort. Ses filetages externe et interne étant pratiquement au standard du X10, on peut y adapter la bague et le pare-soleil sans plus de difficultés. En outre, la qualité du traitement multicouche est digne des capacités antireflets du Fujinon. Enfin, ce filtre est si peu proéminent qu'on peut facilement le coiffer du bouchon d'origine ou de celui, en corolle, qui a ma préférence (voir encadré plus loin). Ceux que cette solution intéresse peuvent aussi se reporter aux adresses que cite Gidu, sur le forum Chassimages.

Reflet_flash_et_couronne_polarisantSi on choiChamps_Elys_es_et_flash_019sit la solution de la bague et du filtre de 52 mm, je signale qu'un polarisant est inutilisable avec le pare-soleil, celui-ci empêchant pratiquement l'accès à l'anneau rotatif du filtre (photo du haut à droite). Ce n'est pas grave, car le pare-soleil est superflu, le système optique étant parfaitement protégé du risque de flare. Deux détails encore, à propos de la bague, qui est ajourée, ce qui est esthétique mais nuisible, comme on va le voir. Un : le filtre ne protège pas la lentille frontale de la poussière. Deux : le filtre étant vissé plus d'un centimètre en avant de la lentille frontale, la lumière du flash intégré vient le frapper par derrière, au travers des jours de la bague (photo du bas à droite). Cela provoque un artefact important sur l'image, inquiétant de prime abord (photo de gauche). Il vaut donc mieux, en cas d'emploi du flash, retirer le filtre, à moins de s'astreindre à occulter, avec le doigt ou un adhésif, ces jours qui laissent passer l'éclair.

Bague et pare-soleil, en aluminium, sont vendus ensemble et ne sont pas fournis avec le X10. Le prix standard reste élevé chez les grands revendeurs français, mais on trouve des compatibles à meilleur prix hors des frontières hexagonales. Je donne ici des liens vers quelques sites (ce n'est pas exhaustif). Compter quand même le coût du filtre en sus, si c'est ce qui justifie l'achat, en évitant le bas de gamme sur un objectif de cette qualité. Un multicouche est recommandé, qui limitera le risque de flare (du côté de la cinquantaine d'euros minimum pour un polarisant, un peu moins pour un UV).

Les modèles d'origine Fuji - Les principaux revendeurs les proposent en ligne ou en magasin, généralement à une quarantaine d'euros, plus frais de port. Contrairement aux tarifs du X10 lui-même, ceux-là sont remarquablement stables. Mais ils ne sont plus du tout concurrentiels face aux prix des génériques. Les fournisseurs proposant le plus souvent le produit en stock sont : Amazon, Digixo, Digit Photo, la Fnac, Camara (surtout Comptoir Espace, le site du magasin Camara de Saint-Omer), Phox (dont MyShoPhoto, le site de la boutique de Saint-Médard-en-Jalles). Mention particulière pour Photo Galerie, site belge, qui a bien voulu m'indiquer, en réponse à ma demande de précisions, que seul le pare-soleil était proposé, sans la bague. L'inverse serait préférable, car le pare-soleil sans bague est inutilisable, et personne ne vend la bague seule... Or l'information, sur le site, peut prêter à confusion : la photo et le prix laissent supposer que l'accessoire est complet, d'autant qu'on ne s'attend pas à cette dissociation insolite.



Cinq accessoires qui peuvent être utiles

Thumn_gripOn compte deux accessoires ergonomiques, à vrai dire conçus pour d'autres appareils, mais qui semblent donner satisfaction. Sont-ils vraiment utiles, compte tenu des formes très étudiées du X10 ? C'est à l'appréciation de chacun. On trouve les deux sur eBay.

D'abord, l'appuie-pouce (thumbs up ou thumb grip), prévu pour le X100 et un peu surdimensionné, semble-t-il, pour le X10, mais parfaitement fonctionnel. Il se fixe dans la griffe porte-accessoire, en l'absence de flash externe, et facilite la préhension de l'appareil. On lira, dans les commentaires de ce sujet, le témoignage de Solent, qui a commandé le sien en Corée. Plusieurs modèles sont présentés ici, de 36 à 110 €, et un coréen .

Second accessoire, plébiscité et beaucoup plus raisonnable : un soft release button, qu'on pourrait appeler enButton_soft français adoucisseur de déclenchement. Conçu à l'origine pour des Leica de série M, il s'adapte facilement aux X100 et X10, puisqu'il se visse dans le filetage du bouton déclencheur, standardisé depuis des décennies (réminiscence voulue des argentiques et de leurs flexibles de déclenchement). Des utilisateurs assurent que cet accessoire, gros comme un pins, concave ou convexe et proposé en de multiples couleurs, ferait économiser une ou deux valeurs d'obturation, grâce au surplus de stabilité qu'il procurerait. On a un large choix ici ainsi que dans toute boutique Leica. Bernard71 me signale sa disponibilité, à 21 €, port compris, au magasin Photo Suffren, 45, avenue  de Suffren, Paris VIIème. Démonstration vidéo .

Puisqu'on parle de flexible de déclenchement, un tel accessoire peut être utile à qui veut se servir de son X10 en basseFlexible vitesse sans flou de bougé, le pied devenant alors indispensable. On n'en trouve plus guère, ou alors à un prix qui me semble prohibitif pour ce bout de ferraille... Il n'y a pas, en effet, de connecteur pour une télécommande filaire, comme sur les reflex
(question posée par Isa). Mais on peut visser l'extrêmité de ce vieil accessoire des appareils argentiques sur le bouton de déclenchement. Un exemple de proposition sur le web ici. Je ne suis d'ailleurs pas sûr que la légèreté du X10 permette cette utilisation, car la moindre vibration doit se transmettre. Mieux vaut utiliser le retardateur (conseil de Victor).

Protection__cran_X10Deux protections d'écran renforcées sont, elles, dédiées au X10. Pro-Photoshop, en Allemagne, en fournit une composée d'un sandwich de six couches, dont une de mince mais solide verre optique, à 16,89 €, port compris (peut se retirer facilement et sans dommage pour l'écran, car le collage est périphérique, mais ne peut pas être replacée). Elle est également proposée en pack avec l'ensemble bague-pare-soleil. L'autre est en polycarbonate, mais une rupture sans choc particulier a été signalée sur le forum Chassimages (disponible ici, elle est expédiée de Californie à environ 19 €, port compris).

Un bouchon d'objectif fixe peut remplacer celui fourni avec l'appareil (ce qui en évite les manipulations et la perte). Un diaphragme à trois éléments se déploie en corolle à l'ouverture de l'objectif et assure sa protection au repos. Disponible chez le même Pro-Photoshop.

Bouchon à diaphragme

Le tube du bouchon entre à forcer sur la couronne du zoom, dont il devient en quelque sorte solidaire : leIMG_8799 copie zoom se manipule ensuite par rotation aisée du tube du bouchon. Bien entendu, cet accessoire peut se retirer sans difficulté. Il est incompatible avec la bague d'adaptation porte-filtre et le pare-soleil. Je ne garantis pas non plus qu'il puisse s'insérer dans l'étui d'origine, mais il doit pouvoir entrer dans certains étuis plus généreux (et bien moins chers) qu'on trouve sur eBay. Les ailettes se déployant parallèlement à l'axe de l'objectif, elles n'occupent pas de place dans le viseur, excepté en position grand angle (photo ci-contre). Dans l'ensemble, et si on n'est pas trop attaché aux filtres et au pare-soleil, cet accessoire est un bon substitut au bouchon d'origine.

Enfin, pour diverses adresses vérifiées sur eBay, on se reportera avec profit aux liens fournis par Denis et Hugues, en page 2 des commentaires.



Vidéo

J'ai fini par me lancer dans un test de vidéo, le 11 janvier 2012 à Paris, car je ne pourrais prétendre avoir fait le tour de l'appareil sans cela. La séquence, de huit minutes en 1080 p, sur Youtube, avec mes commentaires, est présentée ici. Ci-dessous : un condensé de 2 mn 41. Mes conclusions sont plutôt favorables, même si le X10 ne fait pas beaucoup mieux que ses congénères. Par ailleurs, une expérience a été publiée en janvier sur l'excellent blog Vues d'Ici (déjà cité). On retiendra surtout le commentaire, qui est d'un professionnel et qui apporte des éléments d'appréciation intéressants.


 
Informations complémentaires

A noter pour les hauts ISO. - Les sensibilités de 4 000, 5 000, 6 400 et 12 800 ISO sont inaccessibles en Raw et Raw+Jpeg. Elles sont grisées dans les menus de toutes les options si on n'est pas en Jpeg seul. On peut toujours chercher ce détail dans le mode d'emploi, y compris dans le tableau des options (page 127)... Ces sensibilités imposent des résolutions basses S (3 Mpx) pour 12 800 ISO et M (6 Mpx) pour les trois autres. Ces résolutions s'activent automatiquement.

C1 et C2. - Deux fonctions paramétrables sont accessibles par le barillet supérieur (quelques doutes sur la méthode ont été émis). Elles fixent une fois pour toutes quinze options, sélectionnables par des coches dans le menu : AFF. REGLAGES PERSO. Il suffit ensuite de régler l'appareil sur les paramètres désirés, par exemple sous la fonction M, puis de se reporter au menu et de sélectionner REGLAGES PERSO. Choisir alors C1 ou C2. Le retour, par le barillet, vers l'une de ces deux fonctions, restituera les réglages conservés en mémoire. Commode pour accéder rapidement à une haute vitesse ou une ouverture donnée. Cela n'empêche pas, lorsqu'on est en C1 ou C2, de modifier à volonté les réglages retenus.

HDR. - Voir ici quelques essais et précisions sur ses options.

Les mystères du bracketing. - Le X10 propose le système de ces photos à réglages de luminosité décalés, prises en rafale de trois, qu'on nomme bracketing. Cette option, présente sur la plupart des APN évolués, reflex et compacts de plus en plus nombreux, sert surtout à produire une image à forte gamme dynamique, dite high dynamic range, ou HDR (voir le lien ci-dessus). La spécialité du X10 est d'offrir aussi des bracketings de sensibilité ISO, de simulation de film et de plage dynamique (pages 40 à 43 du mode d'emploi). Pour opérer la sélection, il suffit d'appuyer sur DRIVE, couronne secondaire, puis de sélectionner BRACKETING AE ou suivantes (les fonctions 2 et 3 déterminent les rafales simples). Mais là, déconvenue : les trois dernières options n'apparaissent pas. Le mode d'emploi est muet sur ce mystère. Il faut se reporter au tableau de la page 126 pour découvrir que ces options ne sont disponibles qu'en mode EXR, sous-réglages HR, SN ou DR... Or le tableau indique une disponibilité, aussi, dans les modes PSAM, ce qui est simplement faux !

Le casse-tête des options de stabilisation. - Le mode d'emploi n'est nulle part plus obscur que dans sa description des quatre options de stabilisation. Comme le sujet a fait l'objet d'une question dans le forum Chassimages, j'ai esayé d'y répondre. Voici mes conclusions.
      La description est succinctement abordée page 101. Elle ne semble faire aucune différence (à tort) entre le 1 et le 2, puis entre le 3 et le 4. Seul le "non" est explicite. Il est donc utile de se reporter au tableau de la page 129, où on constate que les quatre options ne fonctionnent pas dans tous les modes...
     1 - "Continu + mouvement" : l'option est active en continu. Elle ajoute à la stabilisation un réglage optimal de la vitesse d'obturation pour réduire le flou de bougé, lorsqu'un sujet en mouvement est détecté. Cette option est donc optimisée pour fonctionner avec l'EXR automatique, et elle est même la seule des quatre à fonctionner dans ce mode. Par contre, elle est inopérante dans les modes sans automatisme de la vitesse : S et M. Elle ne fonctionne pas non plus en mode vidéo (bien que, à l'expérience, j'aie un doute sur cette limitation). Je suppose que son usage continu de la stabilisation doit davantage tirer sur la batterie que ne le font les options 3 et 4.
     2 - "Toujours actif" : comme son nom l'indique (et comme la précédente), l'option est active en permanence. Elle fonctionne dans à peu près tous les modes, même le mode vidéo. Contrairement à la 1, elle n'a donc pas d'influence sur la vitesse d'obturation.
      3 - "Prise de vue + mouvement" est à peu près de même valeur que la 1, avec réglage de la vitesse d'obturation, sauf qu'elle n'est active qu'à la demi-pression sur le déclencheur, et naturellement à la prise de vue. Je présume que, de ce fait, elle est plus économique en énergie que les 1 et 2. Comme la 1, elle est inopérante en vidéo (même doute que pour la 1) et dans les modes S et M, mais également en EXR automatique.
      4 - "Photo uniquement" ressemble à la 2 : elle est compatible avec presque tous les modes, sauf qu'elle n'est active, comme la 3, qu'à la demi-pression et à la prise de vue. Elle est la seule à fonctionner dans le mode "panorama" du menu Adv, pour lequel elle est optimisée. Et, comme son nom ne le laisse pas prévoir, elle reste active en mode vidéo.
     Faire son choix dépend donc des modes favoris. Si on aime l'EXR automatique, l'option 1 s'impose. Si c'est l'automatisme en général, mais pas en EXR, c'est la 3. Si on préfère la continuité de la stabilisation et la vidéo, c'est la 2. Si enfin on souhaite (comme moi) couvrir le plus grand nombre de modes, y compris la vidéo et le mode "panorama", mais sans se soucier d'automatisme et d'une stabilisation en continu, c'est la 4. Evidemment, si on veut se passer de la stabilisation, c'est "non".

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