Dernière mise à jour :
17 mai 2012 (nouveau Canon EXR 600).


     Metz est une entreprise allemande, créée en 1938, spécialisée dans les composants électroniques et, depuis 1953, dans la production de flashes. La gamme est étendue, déclinée en nombres guides : 24, 36, 44, 48, 50 et 58. Le nom générique de la série est Mecablitz. Mon premier du nom date des années 1970. Le 58 AF-2, sorti sur le marché en septembre 2010, constitue le haut de gamme actuel, si on excepte le 76 MZ-5 de type torche, nettement plus encombrant et à usage très professionnel, et le nouveau Canon 600 EXR-T. Il succède au AF-1, avec quelques améliorations cosmétiques, dont une semelle métallique qui renforce la solidité de la liaison avec le boîtier.

MB58_AF2_72dpi

    Ses concurrents directs sont, chez Nikon, le SB-900, le nouveau SB-910, et, chez Canon, le 580 EX-II. Le Metz dépasse les Nikon en puissance, facteur sur lequel il égale le Canon (même nombre guide de 58 à 100 ISO). On verra qu'à un détail près (la tropicalisation), le 58 AF-2 est supérieur au 580 EX-II sur plusieurs points, et notamment son flash d'appoint et le prix : 321,90 € chez Digit Photo, contre 424 € pour le Canon (qui semble évacué du catalogue de ce vendeur). Quant au SB-910, il est à peine moins cher que le Canon, bien que non tropicalisé : 396 €, toujours chez Digit Photo. Il faut citer aussi le nouveau Nissin Di866 Mk II, qui se pose en concurrent sérieux, même si la marque n'a pas la réputation d'ancienneté et de fiabilité des trois autres. Lui aussi possède un flash d'appoint dans le socle, plusieurs fonctions haut de gamme, un nombre guide record de 60 et surtout un excellent rapport qualité-prix (279 € chez Apolobamba).

   Depuis avril 2012, il faut évidemment citer le nouveau flash Canon 600 EXR-T. Ses qualités sont si nombreuses qu'elles en font assurément le meilleur du moment. Son nombre guide est à peine supérieur à celui du Metz (60). Mais il ne joue pas dans la même cour que ceux cités ici : Digit Photo le propose à 599 € (en baisse sensible depuis sa sortie). Il semble d'ailleurs dédié au nouveau reflex du sommet de la gamme de la marque, l'EOS 1-DX. On lira une fiche technique détaillée sur le site de Digit Photo. Pour les amateurs et la plupart des professionnels, le Metz reste donc d'actualité !

    Evacuons tout de suite le sujet de la compatibilité, qui suscite la majeure partie des questions, sur les forums où le Metz 58 AF-2 est évoqué. Cette compatibilité, en mode E-TTL II, est totale pour toutes les marques d'APN (sous réserve, bien entendu, d'acquérir le flash dédié à la marque, chacune ayant son propre système de plots de contact). Elle est assurée, aussi bien avec le flash fixé sur le boîtier qu'en position esclave classique. Elle ne cesse qu'en mode esclave "servo", le flash étant installé à l'écart sur son socle et l'éclair étant déclenché par le flash intégré de l'appareil. Dans ce cas, il faut effectuer des réglages manuels, et ce flash en a de multiples. Le firmware peut être mis à jour par liaison USB, après téléchargement sur le site de Metz, ce qui promet une compatibilité avec des boîtiers encore à naître.

mecablitz_58_AF_2_connector

      Le 58 AF-2 peut fonctionner en maître ou en esclave. Dans cette seconde configuration, le mode "servo" est pratique, car il permet de se passer de transmission multicanaux, dès lors qu'il n'y a pas plusieurs flashes esclaves à gérer. En mode "servo", c'est l'éclair du flash intégré qui déclenche celui du Mecablitz esclave, grâce à un capteur situé sur le côté gauche. On doit seulement se méfier des éclairs préalables qui précèdent l'éclair principal sur le flash intégré, car ils déclenchent le flash déporté un peu trop tôt. Il faut les désactiver ou compter sur la capacité de rechargement du 58 AF-2. Celui-ci est capable de produire immédiatement un second éclair, tant que ses quatre piles AA (ou batteries NiMH, de 2 700 mAh de préférence) sont assez chargées. Avec un appareil photo expert, dépourvu de flash intégré, un flash fixé au boîtier est nécessaire, la qualité de flash maître n'étant pas exigée pour cet usage.

metz_58af1_flashgun

     L'utilisation du 58 AF-2 est assez simple, d'autant qu'en mode automatique, c'est l'appareil photo qui fait tout le travail. Seuls quelques réglages ne peuvent se commander du boîtier, comme l'option de réduction de puissance de l'éclair, si on souhaite des éclairages moins forts que ceux fixés en usine. Une fenêtre à cristaux liquides et quatre boutons permettent ces réglages d'appoint avec facilité : les menus ne sont pas trop fournis, les options et paramètres se retiennent bien et la navigation est aisée. Il semble toutefois, de l'avis des utilisateurs, que le menu du Canon soit plus convivial. Le mode d'emploi, en plusieurs langues, dont le français, est bien rédigé, logique, complet.

     En position indirecte, un réflecteur blanc peut être déployé, ce qui ne se trouve pas sur tous les flashes, même haut de gamme. Cette pièce très utile est relativement fragile, comme le diffuseur grand angle qui l'accompagne dans son logement. Mais c'est inévitable, sauf à s'en passer, comme avec d'autres marques. Il suffit d'être précautionneux.

metz_son_58af2

     Autre particularité, en position indirecte : un flash d'appoint, à intensité réglable, en façade du bloc principal. Il est destiné à éclairer les zones sombres que laisse, sur le bas d'un visage, un éclair réfléchi au plafond. Le 58 AF-2 est le seul de sa catégorie, avec le Nissin Di866, à présenter cet avantage remarquable. Ni le Nikon SB-910 ni le Canon 580 EX-II n'en sont pourvus. Et on se rend vite compte que c'est beaucoup plus qu'un gadget, dans la photo de portrait.

    Enfin, pour des distances courtes, voire de la macro pas trop exigeante, la tête peut pivoter de 7° vers le bas, en correction de parallaxe, avantage qui n'est pas non plus une généralité.

     Le reste des fonctions est classique, pour ce niveau de gamme : synchronisation haute vitesse ou au  second rideau (paramétrables depuis le boîtier), mode E-TTL II compatible avec les principaux boîtiers du marché, système de fixation rapide (et sûr), puissance importante et stroboscope.

    Quant au stroboscope, rencontré sur les seuls hauts de gamme, il est d'un emploi limité mais intéressant : il permet la décomposition d'un mouvement, en déclenchant une série d'éclairs, à fréquence et durée réglables, pendant une pose longue. Il est préférable d'utiliser cette fonction sur un fond très sombre, pour ne pas obtenir une surexposition du décor.

 

Comment interpréter le nombre guide : 58

     La puissance du 58 AF-2 s'exprime dans le nombre guide 58, qui n'est surpassé que par un flash Sigma et par le Nissin Di866, qui monte à 60 (mais ces marques n'ont pas encore acquis la réputation de Canon, Nikon et Metz pour leurs flashes). Ce nombre permet de calculer une portée maximale en mètres, pour une sensibilité de 100 ISO, en l'occurrence à une focale de 105 mm, et à une ouverture donnée. La portée se déduit du nombre guide divisé par l'ouverture : cela donne, à une ouverture de 3.5, l'équation 58/3.5 = 16 m.

     Si on augmente la sensibilité, il convient d'adapter le nombre guide de base en le multipliant par la racine carrée de la centaine d'ISO. A 800 ISO, par exemple, la racine de 8 étant 2,82, le  nombre guide est de 58 x 2,82 = 164. A l'ouverture de 3.5, la portée atteint donc 46 mètres (164/3.5). A 400 ISO seulement et à une ouverture de 5.6, on obtient le résultat suivant :

Equation

      Rien n'empêche, sauf le bruit, de pousser l'estimation jusqu'à une sensibilité de 6 400 ISO, pour une ouverture de 1.4 : on obtient la portée de 331 m, ce qui semble le maximum envisageable. Le résultat, au-delà, ne progresse d'ailleurs plus de façon significative, puisqu'il ne le fait qu'à raison de la racine carrée de la sensibilité : ainsi, à 12 800 ISO, on n'atteindrait "que" 468 m.

    Mais qu'on ne s'affole pas devant ces équations : le 58 AF-2, comme nombre de ses concurrents, est capable de calculer et d'indiquer la portée de son éclair, puisqu'il connaît les paramètres retenus. Le résultat s'affiche sur la fenêtre arrière, ce qui peut être bien pratique et évite des calculs pénibles.

    En mode automatique, l'angle d'ouverture de l'éclair se règle tout seul sur celui de l'objectif grâce à un servo-moteur, ce qui est classique. Plus la focale que le boîtier communique au flash est longue, plus la lumière est concentrée, plus la portée est grande. Il va donc de soi que la portée augmente ou diminue en proportion de la focale, mais c'est plus difficile à quantifier, sauf à se lancer dans une batterie de tests au flashmètre. La seule chose sûre, concernant le 58 AF-2, c'est que 105 mm correspond à son éclair le plus concentré (même si la focale réelle de l'objectif est plus longue).

     Lorsque j'avance que le 58 de Metz est plus puissant que le must de Nikon, le nouveau SB-910, dont le nombre guide affiché est 34 à 100 ISO, je dois préciser que les critères sont différents, ce qui ne simplifie pas la comparaison. La focale prise en compte par Nikon est de 35 mm, au lieu de 105 pour le Metz et le Canon 580 EX-II, lesquels présentent un même nombre guide de 58. Ces deux derniers sont incontestablement à égalité pour la puissance. Comme Nikon indique, pour le SB-910, une portée maximale moyenne de 20 mètres (identique à celle du modèle précédent, le SB-900), les deux concurrents Metz et Canon semblent nettement supérieurs sur ce point. Je ne m'étendrai pas davantage sur les innovations du SB-910, ce n'est pas l'objet de cet article, et les liens que je fournis permettent aux intéressés de s'en faire une idée.

      La portée se réduit aussi en fonction d'éventuels premiers plans, même en marge du cadrage, puisque le flash adapte la puissance de son éclair aux sujets les plus proches : on ne peut pas attendre de lui qu'il réduise sa puissance pour modeler un visage proche, et qu'il l'augmente en même temps pour éclairer un lointain... Si on tient à obtenir les deux, la solution est d'utiliser un second flash en esclave, réglé sur le décor
(ou jouer sur la synchronisation en vitesse lente, qui n'est rien d'autre qu'un fill in nocturne, s'il y a assez de lumière ambiante).


Ol_ron_hiver_2011__130_
Photo du port de La Cotinière, dans l'île d'Oléron, prise en réglage manuel du flash à la puissance maximale. Le Canon EOS 550D est paramétré sur 3 200 ISO, au 1/60. Le zoom Sigma f:3.5/18-250 est réglé sur un relatif grand angle (31 mm) et une ouverture de 4.0. On peut donc faire mieux, par exemple à 6 400 ISO et ouverture de 1.4, ainsi qu'avec une correction dynamique en post-traitement (ce qui n'est pas le cas ici), d'autant que le bruit reste acceptable. L'alignement des bateaux montre une bonne homogénéité sur l'ensemble des distances. Le bâtiment, au fond, à environ 300 mètres, est atteint par l'éclair en bout de course. Celui de gauche également, ce qui montre un faisceau encore assez large malgré la portée de l'éclair.


Conclusion

     Le Mecablitz 58 AF-2 représente sans doute le meilleur rapport qualité-prix pour son niveau de gamme, c'est à dire le top. Sa présentation est robuste, la conception excellente, et la marque inspire confiance par une expérience de près de soixante ans. Le seul défaut de ce flash me paraît être l'absence de tropicalisation. Pour les sportifs qui travaillent en mer, dans le vent de sable, sous la pluie ou la neige, le Canon 580 et le nouveau 600 EXR-T sont incontournables, mais ils sont sensiblement plus chers. Encore faut-il disposer d'un boîtier Canon, également étanche aux poussières et gouttes d'eau, type d'appareil qui n'encombre pas les catalogues. Et si on est nikoniste, il me semble qu'il n'y a pas... photo.


Fiche technique

- Nombre guide : 58 à 100 ISO et 105 mm
- Diffuseur Gd Angle 12 mm
- Réflecteur secondaire avec 3 niveaux de puissance d'éclairage
- Réflecteur orientable verticalement (-7/+90°) et horizontalement (300°)
- Ecran ACl rétro-éclairé
- Zoom motorisé pour un éclairage de 24-105mm
- Carte réflectrice rabattable pour un éclairage au flash adouci
- Lumière de réglage (lumière permanente pour le contrôle de la prise de vue)
- Flash de mesure autofocus multizone intégré
- Affichage de contrôle de l'exposition et de la disponibilité sur le flash et le boîtier
- Arrêt automatique réglable (alimentation par 4 piles ou batteries AA)
- Verrouillage manuel du clavier

- Mode flash TTL argentique et numérique
- Mode flash automatique avec 12 diaph auto
- Mode flash manuel avec 25 niveaux de puissance
- Mode flash stroboscope

- Synchronisation sur le 1er et le 2ème rideau
- Correction manuelle de l'exposition au flash en mode TTL ou automatique
- Dosage automatique flash/ambiance
- Séquences d'exposition au flash (bracketing)

- Poids sans piles : 363 g. Dimensions : 71x148x99. Livré avec socle et étui souple à passant de ceinture

 

  Un test sur le sujet dans le numéro 230 (mai 2011) de la revue "Réponses Photo"  
Ce test confirme mes observations, paramètres de laboratoire à l'appui. Il fait même de ce flash un outil de reportage polyvalent, rivalisant avec les meilleurs. Mais, parmi les points faibles, l'auteur du test relève "un jeu dans le sabot" et "une trappe USB qui s'ouvre inopinément". Défauts que je n'ai jamais constatés.

 

  Blocage du flash intégré sur Canon EOS : une solution simple ici 

 

Bouton_retour_accueil_blogBouton_remonter_page