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Sujet mis à jour le 2 juin 2011
(encadré final sur le nouveau logiciel Oloneo)

Le HDR (High dynamic range, c'est à dire "image à grande gamme dynamique") permet de restituer les détails d'une vue trop sombre ou trop grise, au lieu d'une image partiellement surexposée ou sous-exposée. Plusieurs photos, prises à des expositions différentes, sont assemblées à l'aide d'un logiciel spécial. L'usage du pied et d'une télécommande est indispensable. Il est nécessaire que l'appareil lui-même comporte une fonction "bracketing" de l'exposition, de manière qu'il n'y ait pas de réglage manuel entre chaque vue et que l'appareil reste rigoureusement fixe. Les moyens sont donc limités, en cas de vue mobile (personnes en mouvement, par exemple, même si le décor est fixe), car il deviendrait difficile de faire coïncider les vues. Mais on peut en tirer certains effets. D'autre part, les meilleurs logiciels réalisent des coïncidences étonnantes de précision, même en cas de prise de vue à main levée.

Le "bracketing" proposé sur la plupart des appareils ne permet que trois prises de vue, sur une échelle de deux diaphragmes. C'est insuffisant pour un résultat optimal. Cinq ou six photos, étalées sur une plage d'au moins autant de diaphragmes, offrent un bien meilleur rendu. Si on est doté d'un pied solide, au besoin lesté grâce au crochet présent sur certains, on peut opérer sans grand risque un réglage à la main, soit sur le diaphragme, soit sur la vitesse. Sur la sensibilité, cela me paraît moins efficace, du fait de la montée du bruit avec celle de l'indice ISO. La lumière étant souvent défaillante, dans ce genre de prise de vue, le bruit est à l'affût.

De toute façon, le traitement HDR, quel que soit le logiciel utilisé, produit du bruit. Parfois beaucoup. D'où une responsabilité particulière de l'opérateur : la nécessité de photos extrêmement nettes à la prise de vue et avec le moins de mouvement entre chaque prise, pour qu'un traitement antibruit puisse être appliqué après moulinage HDR sans trop de détérioration du piqué final.

Ces mêmes logiciels, comme les meilleurs modules de retouche, permettent aussi de faire du "faux HDR", grâce à leur capacité de correction.

De nombreux sites Internet en parlent. Mais personne ne le fera mieux que le sympathique Darth, qui a consacré un article de son site à ce sujet, avec clarté et simplicité.

D'autre part, la revue Phototech a réalisé un très bon dossier dans son numéro 11 de décembre-janvier.

 

DHR_moyenDHR_clairDHR_Sombre

Résultat avec EasyHDR Pro :

IMG3327_EasyHDR

Résultat avec Photomatix (je ferai mieux une autre fois, c'est sûr) :

IMG_3327_Photomatix

 HDR_tr_s_clairHDR_ClairHDR_Sombre

Résultat avec EasyHDR Pro (recadré) :

Porte_chambre_HDR__1024x768_

Autre série, nocturne, avec Photomatix (50,9 Mo en sortie pour le premier fichier !) :

Photomatix_lourd

Photomatix_sombre

 

Deux vues seulement de la mosquée privée des seigneurs de l'Alhambra à Grenade :

Alhambra_sombreIMG_2296

Résultat avec EasyHDR Pro (la netteté du décor extérieur est approximative, du fait de la prise à main levée sans que j'aie pris le temps d'utiliser le "bracketing", mais le résultat reste plus satisfaisant que je ne l'espérais) :

HDR_Alhambra_DxO__1024x768_

Essai "grunge" avec Photomatix :

Mosqu_e_Allhambra_Photomatix

 

Enfin, un effet qui ne doit rien à l'exigence du meilleur éclairage : le mélange de deux photos, d'un jet d'eau de Saragosse, en Espagne, l'une en pose longue (0,3 seconde, 100 ISO, 1:36.0), l'autre en instantané rapide (1/4000, 800 ISO, 1:5.6), au 80 mm à main levée. A partir de ces deux daubes, EasyHDR Pro a fait des prodiges...

IMG_2576_2IMG_2577_2

 

 















IMG_2237_2

























IMG_2577_2_6

 

 

Et Photomatix fait aussi des choses amusantes...

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Quelques autres illustrations de HDR :

Galets_Easy
En trois photos avec EasyHDR Pro, sans forcer sur les effets spéciaux.

Galets_Pro
Même traitement avec Photomatix...

Galets_Light
... Et avec Photomatix Light.

 



Faux HDR

Cette image, comme les deux suivantes, a été prise en une seule vue, avec une pause d'une minute, à 2 heures du matin (ce qui explique le flou filé des nuages et de certains feuillages). Mais le très faible éclairage n'aurait pas permis une telle restitution des ombres sans un traitement avec EsasyHDR Pro, complété par des ajustements de détail avec DxO et/ou Photoshop Elements. Ces ajustements peuvent jouer notamment sur la balance des blancs, la netteté, le contraste de détail et la saturation, ce qui offre une multitude de nuances possibles. La plus "réaliste" est affaire de goût personnel, puisque, la nuit, c'est bien connu, tous les chats sont gris. Deux techniques possibles : soit réaliser plusieurs déclinaisons de la même photo (en RAW ou Tiff, c'est mieux) et les rassembler. Photoshop fait ça très bien, paraît-il. Soit traiter directement la photo malade, comme je l'ai fait. La première solution autorise des ajustements  plus précis. Mais, l'information de base étant la même dans les deux cas, je crains que la différence soit mince.

Dolus_nocturne_08_07_09_01H15__3__easyHDR_PRO_2_contouris__DxO__1600x1200_

Dolus_nocturne_08_07_09_01H15__4__easyHDR_PRO_2_DxO__1600x1200_

Dolus_nocturne_08_07_09_01H15__10__easyHDR_PRO_2_DXO__1600x1200_

Les vues suivantes, de jour et elles aussi avec une prise unique, auraient pu se passer d'un tel traitement. Mais le moulinage dans un logiciel de HDR et un module de retouche donne un résultat... intéressant (on ne manquera pas de remarquer la montée en bruit, sur des photos qui n'en montraient guère à l'origine).

Baudissi_re__1024x768_

Baudissi_re_bleue__1024x768_

IMG_3302

L_arbre__1600x1200_

Et là, on dépasse la limite du raisonnable, mais j'aime bien quand même (faux HDR, accentuation et un poil de postérisation pour faire ressortir la texture de la pierre) :
IMG_1083

Contrejour_du_soir_sur_l_Arc

La mesure d'exposition étant faite sur le ciel, comme il se doit, et alors que le soleil vient de se coucher, rien ne semble pouvoir sortir de l'ombre, notamment le petit groupe à droite. Pourtant...

Autre vue prise au même moment, au soleil couchant et en contre-jour. L'éclaircissement ferait disparaître les nuances du ciel. Le traitement par un logiciel spécialisé permet de conserver les plages claires en faisant ressortir les détails sombres. Mais le HDR, vrai ou faux, ne restitue pas des détails absents, que la zone considérée soit complètement noire ou, au contraire, totalement brûlée. Et on n'obtiendra jamais le contraste et la luminosité d'un éclairage direct. Le HDR n'est qu'un pis aller s'il n'est pas manié par un maître expérimenté, dans un but et dans des conditions mûrement réfléchis (voir le site de Darth).

IMG_1084

IMG_1084_easyHDR_PRO_2

 


Mais le HDR n'est pas réservé au numérique en couleur...

Plusieurs images argentiques, scannées à partir d'une pellicule, peuvent être fondues en une seule grâce aux logiciels cités ici, mais avec plus ou moins de bonheur. Dans l'exemple ci-dessous, Photomatix a parfaitement réussi la synchronisation de deux prises de vue, pourtant à main levée, alors que EasyHDR n'a pu assurer une parfaite coïncidence, pixel par pixel. Le logiciel a même réglé le problème de voitures en mouvement. On n'aperçoit qu'une espèce de chassis bizarre, dans le coin gauche, mais il faut le savoir... Etonnant, non ?

N_B_Etoile__11_

 



Photomatix Pro ou Light ?

Photomatix est proposé en deux versions : Pro et Light. La première est le must des logiciels de HDR. Elle offre une multitude de réglages, qui permettent d'affiner au mieux le résultat final, soit par fusion de plusieurs photos, soit par un traitement d'une seule en "faux HDR". De véritables merveilles sont réalisables, comme le montre une revue de photos du site. Mon propos n'est pas d'en présenter un test, encore moins un tutoriel, cela existe déjà, et mieux que je ne pourrais le faire (voir notamment ici). Une version d'essai est téléchargeable, complètement fonctionnelle et sans limitation de durée. Evidemment, l'éditeur n'offre pas ce qu'il vend par ailleurs, et les photos de sortie de cette version d'essai sont filigranées. Mais il y a de quoi se faire une idée précise de ce monument.

Il peut être tentant, si on n'a pas de gros moyens financiers, de se rabattre sur la version Light, qui coûte sensiblement moins cher. C'est une tentation à laquelle il est préférable de résister... La simple comparaison des interfaces donne déjà une idée des différences qui séparent les deux versions. Avec la Light, c'est simple, tout tient en une seule page de traitement, et c'est plutôt rudimentaire. En fin de compte, c'est encore dans le "faux HDR" que la Light est le plus efficace : il suffit de s'en tenir au réglage par défaut et de laisser faire le logiciel, à la rigueur en réduisant un peu la saturation. En principe, cette version est capable, comme la Pro et la concurrence, d'assurer la coïncidence de plusieurs photos qui ne sont pas parfaitement juxtaposées, par exemple si elles sont prises à main levée. Mais il vaut mieux ne pas trop y compter.

Je ne m'attarde un peu sur le sujet que parce qu'on n'en parle guère ailleurs, et pour cause. Attention, je n'ai trouvé sur le site aucun moyen d'upgrader une version Light vers une version Pro. Conclusion : pour le prix d'un plein d'essence, la version Pro ne décevra personne.

Capture004

Ci-dessus : l'interface d'entrée de la Light. Une ou plusieurs photos peuvent être introduites par copier-coller. L'ensemble des options de traitement figure sur l'image suivante... Quant à la coïncidence des trois photos, mal juxtaposées au départ, elle reste aimablement poétique

Capture005

 


Comment enlever un filigrane, sur les photos produites
avec une version d'essai ?

Réponse simple : on ne peut pas ! Et c'est normal, sinon personne n'achèterait la version payante. Bien sûr, on peut essayer de les bricoler avec un quelconque Photoshop, façon Bibi Fricotin. Mais c'est immoral, compliqué, et le résultat n'est heureusement pas garanti. Certains éditeurs proposent des versions d'essai non filigranées mais limitées dans le temps (généralement un mois). C'est le cas du logiciel de traitement DxO. Cela dit, avec Photomatix, les photos d'essai peuvent être débarrassées de leur filigrane après achat de la version Pro, à la condition qu'elles n'aient subi aucun traitement entre-temps.

 


PhotoEngine, le nouveau logiciel d'Oloneo

IMG_6940_HDR

Le nouveau logiciel PhotoEngine d'Oloneo est entré dans sa phase commerciale, après quelques mois de mise à disposition gratuite d'une version béta. L'expérience paraît concluante. Ce module de réalisation de photos HDR soutient la comparaison avec ses concurrents, le royal Photomatix et le convenable EasyHDR.

Ce logiciel présente plusieurs particularités qui le rendent très attrayant. D'abord une série de préréglages, de plusieurs options plus ou moins soft à des options plus ou moins grunge, en passant par des niveaux de gris (dont un infrarouge argentique), des sépia, des brouillards, des cyanotypes et diverses dominantes. La liste se trouve dans la colonne de gauche et il suffit d'en survoler les éléments avec le pointeur pour juger instantanément du résultat. Les réglages plus fins se trouvent dans la colonne de droite. Il est possible d'ajuster les couleurs et la saturation grâce à des curseurs verticaux, à la façon des égaliseurs des logiciels de traitement de son. Et c'est très efficace.

La fusion des photos, même prises à main levée, offre la même précision que celle produite par Photomatix. Un feuillage agité par le vent, par exemple, reste net, alors que la série bracketée s'étend sur une seconde et demie. Il en va de même pour un groupe de personnes, dont l'immobilité n'est pas complète. Il faut vraiment un mouvement rapide pour qu'un sujet se décompose, et c'est à peine perceptible. Par exemple sur cette vue d'une femme qui traverse une avenue à grand pas :

Mouvement_d_compos_
Le bras gauche, le bas du buste et les pieds sont devenus transparents...
Sur ce crop d'une vue au grand angle, les parties manquantes ont pris un peu d'avance.
Mais cette foule, peu soucieuse du petit oiseau qui va sortir (ci-dessous) est immobilisée
par l'instantanéité du traitement, comme si le logiciel opérait un choix entre
les diverses positions des multiples sujets pour ne garder que la plus nette.
Imaginons une pose de la durée du bracketing (1,5 sec.) : les flous filés domineraient.

Foule_immobile

L'ergonomie est évidente (heureusement, d'ailleurs, car le logiciel n'est proposé qu'en anglais). Quant à la vitesse de traitement, elle est nettement supérieure à celle de Photomatix. Il s'agit d'un logiciel original et pratique, qui pourrait bien donner du souci à la concurrence. Après une courte phase de remise commerciale. Voir le site officiel ici.

J'ai déjà publié plusieurs images réalisées avec PhotoEngine, dont une série visible ici et une autre .

Capt_110415_185949_007
L'interface principale de traitement.


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